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Le répondeur est en danger pour des raisons financières, mais surtout parce que se pose la question quotidienne de savoir comment avoir un comité rédactionnel digne de ce nom tout en étant bénévole et fort peu nombreux. Ainsi le répondeur, qui est constitué d’un noyau dur de cinq personnes, a vécu le départ de Robin (pour raisons professionnelles) comme un coup dur : cela voulait tout simplement dire que 20 % de notre capacité à nous réunir, à réfléchir ensemble, se dilapidait dans la nature.
Et si, à ce jour, nous recevons beaucoup de marques de soutien de la part de ceux qui nous lisent, trop peu font le pas de venir écrire et s’inscrire dans ce journal. Or il s’agit là d’un point important qui définit l’identité (oui, il en a une! ) d’un journal où il s'agit, avant tout, de donner à chacun un moyen d'agir et de s'exprimer librement.
Pour permettre de mieux comprendre cet enjeu crucial, je donnerai l’exemple d’un collectif d’acteur (La réplique), dont, de 2001 à 2004, je me suis occupé avec d’autres. Son but était de proposer un espace de travail (libre d’accès) aux acteurs afin de leur permettre de travailler leur art comme des peintres, comme des écrivains, comme des artistes (c'est-à-dire régulièrement) et, surtout, indépendamment des sollicitations et des non-sollicitations d’un milieu professionnel versatile. Et chaque mois, l’un d’entre nous pouvait proposer un atelier, un training ou tout autre proposition permettant de travailler ensemble. Ces ateliers internes se terminant en faisant venir, grâce aux cotisations et aux subventions octroyées, un spécialiste dans le domaine sur lequel nous avions travaillé au préalable : celui-ci réalisait un stage où nous n’étions plus mis dans la position de l’acteur qui espère être embauché, mais dans la position de celui qui est moteur de sa recherche et qui dialogue activement avec l’intervenant. Ce projet n'avait évidemment de sens qui si les comédiens se saisissaient de cette proposition et s'ils souhaitaient travailler à être autonome par rapport au milieu dans lequel ils s'inscrivaient. Or, ce magnifique projet s’est malheureusement arrêté, surtout parce que les comédiens cotisaient à l’association uniquement pour participer à ces stages réalisés par “des maîtres”.
Et, depuis, qu’est devenue La réplique ? Je vous le donne en mille: une asbl chargée d’organiser castings et auditions pour les comédiens...
De la même manière, ce journal n’a de sens que s’il est cet instrument qui est "pris en main" et s'il passe de main en main, s'il devient un instrument permettant de se réunir autour d'une envie de nous bouger (et de faire bouger les autres) ensemble.
Or, c'est une triste réalité : aujourd’hui, tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont fait part de leur envie de participer au Répondeur se sont rétractés au dernier moment : par peur de perdre leur emploi (mais oui, je vous assure !) ou par peur de s’engager, tout simplement. L’un d’entre eux nous déclarant même : « Personnellement je suis incompétent pour juger objectivement le milieu du spectacle. Acteur, je ne suis pas neutre. On ne peut être à la fois juge et partie. A moins qu’on ne renonce à nos métiers et à nos responsabilités…»
Or, je pense que c’est justement prendre nos responsabilités que d’être critique face à notre art. Une critique qui veut dire, étymologiquement, « (l'art de) discerner ». Discerner (séparer, prendre de la distance), qui est le contraire du dogmatisme.
Aussi souhaitons que les choses changent afin que Le répondeur continue à vivre, non pas pour notre profit personnel (nous n’avons rien à gagner), mais au nom de notre intérêt général.
Fabien Dariel, Editeur responsable
L’équilibre des forces
Un grand homme peut être défini, selon Pessoa, comme un créateur de civilisation : celui qui fait passer ses intérêts particuliers après celui de la collectivité. Ce même Pessoa en appelait, au début du siècle dernier, avec d’autres, « à perturber les âmes, à désorien-ter les esprits » : « Cultivons en nous-mêmes, telle une fleur rare, la désintégration men-tale »1, disait-il. Il ne s’agissait pas d’une profession de foi d’un anarchiste convaincu (il détestait l’anarchie), mais plutôt de travailler à un équilibre des forces. En effet, s’il en ap-pelait à la désintégration, c’est que le Portugal (et les portugais) se caractérisaient, à ce moment-là, par un excès de discipline, nécessitant de faire pencher la balance de l’autre côté. Dans les sociétés européennes modernes, disait-il, « ce qui est fondamental se ré-duit à deux forces - une qui tend à faire progresser, l’autre qui tend à résister au progrès.
[...] la vie de tout ce qui vit tient à l’équilibre entre deux forces - une force d’intégration [ la loi ] et une force de désintégration [ le progrès ]. »2 Une Loi fondamentale (ex : la constitution) applicable à tous, résultant d'une négociation entre égaux et qui s’est établie à partir de ce que nous aura appris la tradition, les us et les coutumes. Une Loi qui définit des règles de vie pour mieux vivre ensemble (les étymologistes latins rattachent le mot à ligare : ce qui lie). Le progrès étant la remise en question de la Loi.
Le progrès et la loi
Le monde ramené à l’équilibre de deux forces antagonistes.
Cette théorie de Pessoa est d’autant plus intéressante qu’aujourd’hui notre société semble largement dépasser notre entendement : sa complexité, nous rendant impuissant à l’action, nous obligerait à en passer par le prisme d’experts ad hoc qui, seuls, auraient la capacité de décoder notre monde. Pessoa propose, quant à lui, ce schéma qui serait compris par un enfant de deux ans et qui met en évidence deux formes de déséquilibre possibles selon que l’une ou l’autre des deux forces l’emporte. Si ce sont les forces con-servatrices qui prédominent, il y a stagnation, si ce sont les forces progressistes, c’est l’anarchie. Dans les deux cas, ce serait la décadence, la perte de cohésion sociale (et de sa vitalité). Un équilibre entre intuition et tradition, entre le progrès (projection vers l’avenir) et les lois (définies par une antériorité) : un équilibre qui impliquerait, pour qu’il soit opé-rant, l’absence de vainqueur.
Or, c’est loin d’être le cas dans une société où le progrès s’est taillé sa part de lion. Où tout ce qui n’est pas favorable à cette intuition (remise en question du passé, des tradi-tions : des lois), est devenu suspect. Suspect celui qui n’a pas un plan de développement personnel (ou de carrière), suspect celui qui freine la progression du monde. Une situation qui fera dire à Walter Benjamin :
Du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si violemment que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s’élève jusqu’au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès. 3
Si l’omniprésence du discours du progrès est une donnée admise par presque tous, sans doute que l’idée d’un déséquilibre de notre société, marquée par l’absence de loi (comme contrepoids au progrès), est plus difficile à admettre.
La dislocation de la famille ou l’absence de loi
Pourtant prenons la famille - structure première de toute société. Si nous y appliquons la théorie de Pessoa, qu’obtenons-nous ? Un enfant, ce monde à-venir, qui se détermine à partir de l’équilibre constitué par un couple de forces : le père et la mère. Trop d’amour (n’est-elle pas cette nécessaire intuition, remise en question des règles ?) et c’est la stagnation car l’enfant est déresponsabilisé (infantilisé) - dans le meilleur des cas, il poussera dans tous les sens. Trop de loi et c’est aussi la stagnation de l’enfant confronté à un excès d’autoritarisme, de règles pétrifiantes - dans le meilleur des cas, il se révoltera dans une violence à la hauteur de l’oppression subie.
Au début du siècle dernier, quand Pessoa en appelle à « la désintégration men-tale », la famille est alors soumise à la loi : faire un enfant hors mariage, par exemple, était une transgression lourde de conséquences. Les idées progressistes ont, depuis, remis en cause ce dictat, mais la balance penche maintenant nettement de l’autre côte. Ainsi le mariage est ce symbole d’une alliance devenue caduque. S’engager à en respecter les lois s’opposant à l’idée même de progrès, devenant antinomique avec la mobilité et la dispo-nibilité souhaitées d’un célibataire porteur d’une conception libérale du monde. Le mariage existe toujours, certes, mais c’est une coquille vide : une célébration sans conséquence.
Car libéré du joug de la loi, le citoyen moderne progresse bien plus vite dans une vie de-venue, aujourd’hui, avant tout professionnelle : il sera libre de faire commerce de son corps comme il l’entend (là aussi synonyme de progrès).
En un mot : la dislocation de la famille n’est pas une fatalité, mais le symptôme d’un déséquilibre souhaité par tous.
Le peuple d’Europe, cet enfant qui pousse dans tous les sens
Cette soustraction à la loi s’est réalisée pour la famille, mais aussi à tous les niveaux de notre société moderne, au nom de l’amour que l’Etat porte à sa population (in-fantilisée) dont “il a la charge”. Au nom du progrès. Ainsi le nouvel ordre mondial ne s’est pas construit autour de la loi, mais de son absence :
Exemple 1 : l’OMC impose des règles de libre concurrence (qui fondent notre société capi-taliste), mais celles-ci ne sont appliquées que si elles restent favorables aux états forts (et à leurs populations). Ces lois du marché sont des coquilles vides qui ne résultent pas d'une négociation entre égaux, applicable à tous.
Exemple 2 : Le gouvernement mis en place par Sarkozy, expulse, à tour de bras, les Roms (des européens de l’union européenne, rappelons-le), et court-circuite les règles eu-ropéennes (pourtant applicables à tous) au nom du bien-être supposé des Français. Et il n’y a aucune conséquence à cette transgression.
Exemple 3 : Un bal des comédiens à Bruxelles, place Sainte-Catherine où un miséreux souriant sollicite la gente féminine pour danser avec lui : la police lui ordonne de rentrer, manu militari, chez lui. Parce qu’il a transgressé une loi ? Non, au nom de ceux qui ont bien le droit de s’amuser (nous) et qu’il ne faut pas incommoder par la présence de cette image de misère. Ce sont bien les représentants de la loi (d’un état) qui l’ont transgressée en omettant toute règle élémentaire de la liberté d’autrui et cette transgression s’est justi-fiée au nom de l’amour d’un gouvernement qui protège “ses enfants”.
Ainsi nous ne sommes plus égaux face à la loi (devenant, pour cette raison, ca-duque) et cette société progressiste n’aime pas tous ses enfants de la même manière : l’amour est, par définition, injuste. L’ordre n’est là que pour éloigner ceux qui veulent du mal à cet enfant adoré - le préféré - tandis que tous les autres enfants se déchireront entre eux pour attirer l’attention de celui qui représente à la fois le père et la mère, le maître absolu : le progrès.
Le cas de l’art
L’art n’échappe pas à cette absence de loi. Qui peut dire, aujourd’hui, les règles qui conditionnent l’attribution d’une subvention à un artiste ? Personne. Car l’art, aujourd’hui, est devenu progressiste : ce qui a été fait le lundi est déjà has been le mardi. Et le passé est devenu, pour beaucoup, poussiéreux : monter un classique s’apparente à du suicide s’il n’est pas « dépoussiéré ». Il faut faire du neuf, du nouveau et l’art est tombé sous le joug de la séduction et de l’amour (incarné par le réseau). Plus de Loi, plus de règles. Transgresser est devenue une posture permettant d’attirer l’attention à soi. Mais une transgression sans conséquence.
Il ne s’agit bien évidemment pas de regretter le temps où l’Académie française était chargée d’établir des règles pour définir la valeur d’une œuvre d’art. Il ne s’agit pas non plus de regretter la règle des trois unités ainsi créée. Il s’agit de rappeler que quand des règles sont définies (et qu’elles ont une valeur pour tous ceux qui s’y réfèrent) on peut les transgresser, mais en sachant réellement ce que cela implique, en prenant nos responsa-bilités et en assumant les conséquences de nos actes. Aussi que deviendrait l’art si les artistes devaient se positionner face à des règles auxquelles ils seraient obligés de se ré-férer pour escompter la reconnaissance de l’état (et son aide financière) ? Si le théâtre, comme le cinéma aux USA, était clairement défini comme une industrie de l’entertainment et se soumettait aux règles du marché ? Comment se positionneraient les artistes si toute représentation scénique devait absolument bien se terminer, être morale, tout public, pour bénéficier de financements ? Un comédien ira-t-il se mettre nu sur scène si cela suppose, pour lui, de se retrouver en prison ? Les directeurs de théâtre démissionneraient-ils si on leur annonçait que le nombre de spectateurs à l’année serait déterminant pour évaluer la qualité de leur programmation ? Les danseurs de ballets classiques changeraient-ils de métier si leurs collants devenaient des supports publicitaires ?
Transgresser réellement c’est prendre le risque des conséquences que suppose cette transgression. Or l’art n’a de sens que s’il est un contrepoids au pouvoir, s’il remet en question les règles qui le définissent (s’il est, donc, pour cette raison, transgressif). Ce qui nous amène à cette aporie : l’artiste n’existe qu’en s’opposant à la loi et il a, donc, be-soin de la loi. Tous les mouvements artistiques (des surréalistes au dogme de Lars Van Triers, en passant par les expressionnistes) ont été créés pour cette raison : définir des règles. Et tous ces mouvements ont échoué puisqu’ils sont devenus les règles qu’ils de-vaient eux-mêmes, pour exister, transgresser.
Un équilibre instable, un déséquilibre stable
Peut-être devons-nous, à l’instar de Pessoa, proposer d’instaurer un art fondé, non plus sur l’idée de beauté, mais sur celle de force. La création devenant, sans ce-la, un acte ré-créatif et, donc, décadent. Peut-être que si Kafka demande à Brod de brûler ses textes, si Pessoa affirme que « la gloire appartient aux gladiateurs et aux bouffons », si un certain nombre d’artistes semblent chercher à freiner la progression de leur carrière (Heiner Müller) ou à regretter cette progression trop rapide (Beckett), peut-être est-ce une manière d’exprimer une nécessité, pour eux, de lutter contre cette croissance, ce progrès sans frein, de chercher à contribuer à cet équilibre des forces - même si cela doit passer par la négation de leur propre création. S’opposer à l’absence de loi (ce jeu de dupe), en refusant de jouer le jeu, en s’extrayant, en dis-paraissant.
C’est de la folie ? Artaud, Foucault, Deleuze ou Guattari (dans L'Anti-Œdipe) postulaient que ce n'est pas la folie qui doit être réduite à l'ordre, mais le monde mo-derne en général (et l'ensemble du champ social) qui doit être interprété en fonction de la singularité du fou car il faut tordre le coup à notre façon de penser. Qu’est-ce qu’un fou sinon un être pris dans des sables mouvants, incapable d’aller de l’avant, d’avancer, pris dans l’équilibre instable des cogitations de son cerveau ?
Qu’est-ce qu’un homme moderne, sinon ce bien portant incapable de rester sur place, pris dans le déséquilibre stable de sa course en avant (s’il s’arrête de courir, il tombe) ? Notre société progressiste (et raisonnable !) est dans une recherche de stabilité : où est l’équilibre ? Elle court à sa perte.
« Un pays adoptant unanimement une opinion d’habitude ne serait pas un pays, mais un troupeau. Un pays adoptant unanimement une opinion d’intuition ne serait pas un pays, mais des ombres. »4
Les poètes de la Renaissance pensaient en idées ou en abstractions, les romantiques pensaient en images, et nous, comment pensons-nous ?
Fabien Dariel, metteur en scène, auteur
1 Fernando Pessoa, Oeuvres, Tome VII, Paris, Christian Bourgois, 1991, p. 236.
2 Fernando Pessoa, Oeuvres complètes, Tome I, Paris, La différence, 1988, p. 196.
3 Walter Benjamin, Œuvres, t. III, Paris, Folio, 2000, p. 434.
4 Fernando Pessoa, Oeuvres complètes, Tome I, Paris, La différence, 1988, p. 378-380.
Le réalisme socialiste était un projet culturel mis en place dont l’objectif était d’utiliser « l’art comme arme ». Pour la littérature (incluant les auteurs de théâtre), elle fut proclamée en 1934 par Gorki (ou Boukharine, selon les sources), puis adoptée lors du premier congrès des écrivains soviétiques. Elle était la doctrine à laquelle un auteur devait obligatoirement adhérer. Georg Lukács en fut le principal théoricien. Elle s’axait autour de trois grandes règles essentielles. Ces trois règles étaient :
1/ Décrire le monde tel qu’il est, en montrant la dépendance de l’individu aux conditions sociales et la relation des groupes sociaux entre eux. Une « représentation de la réalité exacte dans sa vérité et concrète sur le plan historique qui fasse place à l’évolution révolutionnaire (sous l’angle des mutations que lui fait subir le monde communiste) ». Les auteurs références étaient Balzac ou les romanciers russes comme Tolstoï.
2/ Parler de la construction du socialisme : l’auteur, le metteur en scène doivent se faire l’écho de la réalité présente, c’est-à-dire la construction du socialisme. Ils peuvent montrer les difficultés, les obstacles, les contradictions, les réticences, les blocages auxquels se heurtent l’édification du socialisme, mais ils doivent toujours finir leur oeuvre en proposant une issue positive. En effet, les échecs ne peuvent être que transitoires : ils sont dus aux hommes eux-mêmes, mais ne peuvent être imputés au système lui-même. Car ce système est ce qui montre la voie juste pour surmonter les contradictions, pour les dépasser.
3/ Le réalisme socialiste s’oppose aux esthétiques formalistes. Car elles reflètent la volonté de l’artiste de se mettre en avant au détriment du projet politique sur lequel se base le réalisme-socialisme. À ce titre, les esthétiques formalistes peuvent être considérées comme bourgeoises et décadentes. Ex : la peinture abstraite, la musique abstraite, le théâtre expérimental privilégiant la forme au détriment du contenu.
Par ailleurs, à partir de 1959, il était proposé à tous les artistes de suivre « le chemin de Bitterfeld » : ils avaient obligation d’aller dans les usines pour travailler avec les ouvriers, tandis que les ouvriers devaient se mettre à la littérature, encadrés par des écrivains.
Ce matin là l’art pendu à son crochet avait la tête en l’air que ses pieds agitaient.
L’art d’humeur légère une ritournelle musait pour s’amuser et distraire le vent frais
qui passait. Quelques mètres en dessous quasiment sous ses pied la loi, il y avait et celle-ci s’ennuyait. Depuis plus de 600 jours elle ne faisait sur elle-même que tour sur tour sans pouvoir s’arrêter. Cela avait par hasard commencé, elle fît un premier tour comme pour se délasser. Mais aussitôt elle en fît un second à la suite du premier pour comprendre le pourquoi d’ce dernier. Puis frénésie débutante elle en fit un troisième pour comprendre le second et puis un quatrième pour élucider le mystère du troisième et ainsi de suite la machine infernale fût lancée . Et sans même s’en rendre compte elle partit sans le vouloir à tourner sur elle même. Tourner à en oublier sa raison, tourner à en oublier sa fonction, tourner à en oublier qu’ elle était raide comme la justice. L’art ayant vu haut perché à son crochet, la dérive de la loi en sens giratoire sans issue la héla d’un ton sec qui par effet de surprise la stoppa tout net.
- hé la! Toi là la loi! Dis moi, ça tourne en rond les affaires non?, ironisa l’art.
La loi maintenant sortie de son tournis mais la tête lui tournant encore, sans plus de reconnaissance lui rétorqua :
- Ta gueule gros lard c’est pas perdu j’fais mon beurre !
- Tu fais surtout pitié et tu m’donnes la nausée, lui répondit l’art tout sourire.
- Descends d’ton croc d’boucherie si t’es pas heureux .On va causer tête de veau, surenchérit la loi par nature sur la défensive.
L’art fier et noble descendit tout de go et toisant la loi lui dit, toujours en souriant :
- Me voilà et maintenant…
- Combattons! Je te laisse le choix des armes, éructa la loi.
- Très bien je choisis l’âme pour arme, poursuivit l’art sans hésiter et le sourire toujours bien accroché de poursuivre, même si je crains par ce choix par trop t’handicaper dans le combat. Car pour lutter à armes égales il faudra pour cela que tu manies une âme que tu ne possèdes pas !
- Mais écoutez moi donc un peu ça ! Pauvre jus de houblon, pauvre infusion d’vinasse ! Vociféra la loi. Tu dois probablement t’imaginer seul détenteur d’âme mais la loi en a une sinon comment pourrait-elle si aisément jongler avec la peur qu’elle insuffle, l’espoir qu’elle fait naître, la foi qu’elle comporte.
- Parfait ! Alors combattons-nous loyalement !! Et que le meilleur gagne, minauda l’art, le sourire dans les dents.
Alors le duel commença. Face à face l’âme aux poing, l’art et la loi se tournèrent le dos, firent dix pas et revinrent face à face. Et là ...
Malheureusement, le duel se passant sans témoin dans un lieu isolé que personne n’a jamais peint. Je ne puis donc rien vous dire de ce qui réellement par la suite s’est passé.
Je vous laisse simplement deviner, au regard de ce qu’aujourd’hui il en est, qui, de l’art ou de la loi a ce conflit gagné.
Les libertés artistiques sont profondément ancrées dans les libertés consacrées dans les textes fondamentaux des démocraties libérales : libertés de conscience, de pensée, d’opinion, de réunion, d’association, d’aller et venir mais aussi du travail et du commerce. Toutes ces libertés sont loin d’être absolues.
L’article 4 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 énonce ainsi « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. ».
Or il n’existe pas de lois, pas de droit sans Etat. Pas de lois sans une organisation politique qui prévoit les procédures d’élaboration, de vote, de mise en application de ces règles. Un État, c'est un gouvernement, une population, un territoire, et c'est une capacité à entrer dans une relation diplomatique. « l'État est une corporation à base territoriale » disait le Doyen Hauriou au début du XXème siècle. Corporation qui a évidemment une conception particulière de l’ordre public.
L’ordre public, pour un pays donné, à un moment donné, est un état social dans lequel la paix, la tranquillité et la sécurité publique ne sont pas troublées. D’après le code napoléonien1, c’est une norme impérative dont les individus ne peuvent s’écarter ni dans leur comportement, ni dans leurs conventions. Cette norme, exprimée ou non dans une loi, correspond à l’ensemble des exigences fondamentales (sociales, politiques, etc.) considérées comme essentielles au fonctionnement des services publics, au maintien de la sécurité ou de la moralité, à la marche de l’économie, ou même à la sauvegarde de certains intérêts particuliers primordiaux.
Essayons de définir plus précisément deux composantes de l’ordre public que défie régulièrement la liberté artistique : les bonnes mœurs et la tranquillité publique.
Les bonnes mœurs sont des comportements conformes à la moralité publique. Le juge, oracle des mœurs, appréciera de façon discrétionnaire, le contenu coutumier et évolutif de ces bonnes mœurs, relatif surtout à la morale sexuelle, au respect de la personne humaine et aux gains immoraux. Force est de constater que dans nos sociétés, le contenu de ces bonnes mœurs à tendance à se réduire sous la pression de la chosification et de la marchandisation du vivant. Toute tentative de dénonciation par l’art de ces dérives ne sera tolérée que si elle ne trouble pas la tranquillité publique.
La tranquillité publique est un élément de paix sociale (de bon ordre), un aspect de l’ordre public, qui constitue l’un des objets de la police administrative. Ainsi en France, « les rixes et disputes accompagnées d’ameutement dans les rues », les « bruits et rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants ».2
L’artiste, par son activité même, est donc cerné et sans cesse menacé de répondre de ses actes devant l’oracle des mœurs et de la tranquillité publique. Cerné, il est bien souvent condamné à n’être que le bouffon muselé dans les grands théâtres nationaux de nos démocraties libérales, préservant ainsi la tranquillité et les bonnes mœurs.
Et pourtant il existe un motif d’espoir, de s’affranchir de cette muselière et du contrôle du juge.
En effet, la mondialisation avec l’importance des flux transnationaux, des ordres inter et supranationaux et la virtualisation des interactions sociales font que la notion de territoire (dans laquelle nos sociétés et l’arsenal juridique qui les caractérise sont organisées) évolue et s’affranchit peu à peu de la géométrie euclidienne dans laquelle nos Etats Nations gardent leur toute puissance.3
Un territoire transnational, anational, virtuel, est en train de se dessiner. Le territoire n’est donc plus seulement un territoire défini, ni géographique, c’est un territoire dans l’esprit des gens.
L’artiste doit partir à la conquête de ce territoire.
Le Neue Slowenische Kunst4 est une de ces expériences qui permet à chacun d’obtenir un passeport et d’adhérer à une république virtuelle d’artiste.
Le NSK a eu tellement de succès que certains réfugiés en 2006, essentiellement des nigériens, sont parvenus, en obtenant ces passeports en ligne, à fuir leur territoire pour tenter de rejoindre l’Europe .
Le NSK ne se définit pas lui-même comme une micro-nation mais plutôt comme un État conceptuel, un État dans le temps. En France et en Belgique francophone on connaît le Groland, on connaît un petit peu moins la République du Saugeais, dans le département du Doubs, république constituée en 1947. Il y a aussi le State of Sabotage créé par Jelinek.
« Pour que la société change, il faut un changement radical dans les intérêts et les attitudes des êtres humains. La passion pour les objets de consommation doit être remplacée par la passion pour les affaires communes. »5
Il est donc temps de partir à la conquête de ces nouveaux territoires et de s’affranchir des contraintes, des valeurs de notre société à la dérive.
Eric Hertzler, proffesseur de droit
1 Article 6.
2 Code des communes, article L 1312.
3 Michel Serres, Conférence-Débat du 20 janvier 2011, Etats généraux du Renouveau, Grenoble, 2011.
4 Neues http://www.nskstate.com/
5 Cornélius Castoriadis, Une société à la dérive, Entretiens et Débats 1974- 1997, Points, collec. Essais, p. 27.
Moi j’crois que l’engagement en fait c’est très important j’veux dire. Pour ma part j’suis personnellement à fond dans l’engagement c’est vrai à 2000 % en fait. J’m’engage au plus je peux vous voyez dès que j’ai cinq minutes j’m’engage dans une chose ou l’autre j’ai décidé que ma vie devait être engagé dans les luttes actuelles de notre société d’aujourd’hui complètement un engagement complet totale au menu. Alors la preuve : Tenez , par exemple, l’autre jour, je suis allé à la manif de défenses des mises à la retraites à 11 h, et puis j’ai servi des repas aux sans-RMI à midi, après je suis passée un peu faire le sitting devant l’ambassade iranienne pour affirmer mon opposition propre contre l’épilation des femmes voilées, et puis comme c’est pas loin je suis allée aussi m'asseoir devant l’ambassade italienne un peu pour dire non aux expulsion des Romes et aux fresques sexuelles de Silvio Berlusconni. Pour finir j’ai un peu tracté pour la libération de tout les otages et surtout dans les dictatures du tiers du monde , et en même temps j’ai aussi tracté aussi pour faire un appel au dons pour les sinistrés de Tahiti. Enfin j’ai servi à l’apéro organisé par médecin du monde pour libérer les journalistes apolitiques . Enfin j’ai encore signé deux ou trois pétition pour la sauvegarde des OGM, contre la cultures des ONG, contre le nucléaire et le réchauffement du climat partout à cause de la fonte des glaces. Et comme ça tout les jours sauf le dimanche car il y a tant de choses à combattre qui vont pas et que je ne veux pas choisir il n’y a pas de petit cause, de petite luttes, comme je le dit toujours rien n’est petit dans notre vie !
Donc vous Voyez bien mes journées c’est sans compter que je donne car aussi je donne pour la recherche du cancer, la lutte contre le bhiv, et la retraite des vieux artistes, aussi pour la recherche contre l’art z’aille meurt.
Moi je me suis engrangée dans l’engagement on pourrait dire en fait ouias c’est ça j’suis une engrangée d’l’engagement. aussi, pour m’aider à continuer je voudrais avoir un vrai statut de l’engagé, être reconnue enfin salarié quoi. J’ai donc monté mon asbl «engagé la raie asbl» et j’voulais vous demander à tous des dons pour que je puisse porter vos engagements à temps plein.
Donc envoyez-moi vos dons sur le N° suivant 000-3380010-45 c’est important plus que jamais et j’m’engagerais aussi pour vous dans tous vos engagements. Merci d’avance et que la lutte ne meurt pas.
« La vie rudimentaire est attaquée : l’eau, le chauffage, l’électricité, la nourriture, le repos, c’est comme s’il nous fallait faire un choix : vivre ou créer. La culture
qu’on nous vend est d’oubli. Son efficace est de pasticher d’une obstination répétée la période d’où elle a été rêvée. »
« Pourquoi le sens commun aurait-il perdu de sa valeur ? »
« Il y a un moment de la parole où on entend ce qui dans l’autre est un silence. »
« Ce qui se présente à nous c’est l’indétectable, l’habitude. Il nous faut refaire la vie, au risque sinon qu’elle avance avec en elle un acide qui nous ronge. »
« Est-ce de mon âme adulte et la peine que j’ai du monde qui l’accompagne, ou l’évolution irréversible de ce monde vers un épuisement tangible de ses ressources ? Jamais pourtant je
n’ai senti comme aujourd’hui la douleur de l’échange, comme s’il se balançait sur un fil au point de céder. »
Je me suis réveillé ce matin avec une idée en tête, à moitié dans mon rêve. Elle a cette charge supplémentaire qui lui permet d’être au présent. Je prends le temps de l’écrire, pour ne pas
l’oublier. Les deux mots qui la composent se sont entredéterminés puis se sont mus en agencement. La « dictature du médiat ». Les mots sont pesants, ils ont ma préférence, je ne
veux pas ignorer l’idée qu’ils couvent. Elle ouvre un problème que je n’investis qu’en déposant un à un les termes pour les voir apparaître. Une pensée ouvre en moi son magasin de détails et je
sais que je ne peux donner à chacun sa puissance. Je laisse venir le langage, il me foule, et c’est l’idée qui m’emporte. Alors qu’a lieu au séminaire de l’époque la parcellisation du temps
exposé comme atome, j’entrevois le prix de la vie auquel s’est ajoutée l’expérience, mais projetée vers l’avenir.
« L’organisme vacille du tremblement à la limite du corps, il se confond avec le corps même, au point du silence. A l’intérieur, une agonie. Le destin disparaît en y perdant son
interlocuteur. »
« J’ai une impression générale, abstraite, qui s’est durcie en moi de l’accumulation de mes perceptions antérieures. Maintenant, j’en suis à courir dans un champ modulé de vagues
successives. »
C’est au réveil que tout est venu, et c’est à l’esprit la conscience d’une périodicité double qui fait que je commence mon parcours littéraire. Contrairement à l’appel, je prends le temps, par
considération. Ce temps là ne joue pas contre la montre, il la présente comme un présent. Le temps pour la simplicité des choses, l’immédiat pour le reste, c’est là le basculement qui rend de
l’évidence. A l’expérience, le temps ne se compte plus, les éléments se resserrent pour former un mode de vie. C’est à peine si je trouve la place de vivre. A ce moment, la question de vivre se
pose. N’est-ce qu’une question de temps ?
Dans la concentration des évènements de la vie ordinaire à remplir, il me reste parfois un espace pour penser la nécessité de l’accélération. Cette pensée est en même temps douloureuse car elle
me fait sentir l’inaptitude pour ce qui est de se raccrocher à l’actuel.
J’en suis venu là :
« Alors que les gouvernements et leurs citoyens s’inquiètent de la possibilité que le peuple ait un jour à prendre la responsabilité du pouvoir à partir du sentiment général qu’un
désordre inévitable s’en suivrait, je pense que cette population est soucieuse d’éviter que le modèle économique dans lequel ils vivent ne s’effondre, en ce malgré la souffrance objective qu’il
génère et qui, jour après jour, se confirme par l’observation des expériences individuelles et par voie de l’information internationale. »
Notre existence semble écrite, déterminée par la crise. Mais plutôt que de laisser au mot son contexte économique, il est plus utile de l’identifier à un seuil psychique à trois
dimensions : le point limite, étape extrême dans la douleur, le tipping-point, basculement d’un état à l’autre et l’état limite, passage étroit d’une activité névrotique à la psychose. Le
fait est que nous arrivons à un point de la pensée paranormal. Peut-être que la crise est le moment de notre humanité confrontée à l’information? Chacun détient sa part de ressources conduisant
par contraste à un amoindrissement de l’expérience. Autrement dit, une impuissance s’accroît pour ce qui est de la faculté à exprimer un ensemble d’éléments à mettre en œuvre. Nous sommes
débordés. Au début de l’information médiatisée, les images étaient en plein champ, tout était visible, la modernité apparaissait avec la menace d’un monde totalitaire en devenir. Progressivement,
ces champs ont glissé vers le désir subliminal, avec l’introduction du hors-champ s’est développé une érotique de la perception. Aujourd’hui, nous produisons un imaginaire colossal à investir. De
ce qui à titre individuel était déjà considérable s’ajoute maintenant l’imaginaire culturel où le monde surgit à chaque instant présent. Nous n’avons pas été préparés à cette explosion, et ne
savons pas recevoir encore ce qui nous parvient de cette révolution culturelle. Nous commençons pourtant à travailler à sa régulation ainsi qu’à tout ce dont nous avons l’usage. Dans un
même temps nous fermons progressivement notre faculté de réception pour les données qui nous sont trop radicalement hétérogène.
Prenons la peine de lire posément.
La dictature du médiat est un titre en ce qu’il contient un ensemble d’éléments non-élucidés. Il pose un diagnostic, celui d’un aide-mémoire « inhibant » consistant à rappeler que pour
tout processus créatif vient le moment d’un « passage à l’acte ». L’étonnement vient du fait que ce « passage à l’acte » soit devenu un espace médiatique où l’acte lui-même a
déjà eu lieu avant son avènement. C’est à l’instant même du commencement qu’il est trop tard. La procédure est diabolique, elle permet d’effacer l’instant de la réception de l’œuvre, elle en
annule l’incidence temporelle. La procédure de médiation n’a plus de spontanéité, elle est une puissance, une volonté d’inscrire dans le temps les évènements qui « valent ». C’est une
idée de l’histoire. Elle garantit l’effacement de ce qui existe, dans la présence ou le dépassement. Elle cultive jour après jour la perception de l’apparition, elle détermine un mode de vie,
elle est l’éternité construite et savamment instituée.
« La « dictature du médiat » est un hymne par lequel le monde se rassemble. Cette assemblée est divisée, elle n’entend pas la même mélodie. Tous se réjouissent pourtant car ils
y ont trouvé la carte mentale. »
Dernièrement je pensais à l’influence de l’Union européenne sur les politiques économiques des pays de la zone euro. Lors du référendum européen on m’a dit que nous n’avions pas la compétence à
évaluer la vie à ce niveau institutionnel. L’instant nous a été subtilisé.
« La « dictature du médiat » est une éducation publique, une raison historique, un palimpseste. Elle s’étend sur le réel comme l’espace lisse de la guerre contemporaine, comme on a
les pieds sur terre, on ne peut voir l’égalité. « Il faut savoir puiser à la petite cuillère ce qui égal dans les choses ». »
De médiat à media, vient une origine, le « medium », l’intermédiaire, le milieu.
La question consiste à savoir jusqu’où s’étend l’intermédiaire. Le centre s’est éclaté dans la création rendant possible d’y entrer par n’importe quelle porte, ce qui permet à la raison politique
d’y faire sa place, puisqu’elle en détient le fond, les fonds. Elle s’est substituée au cours de l’histoire, en devenant histoire de l’art, elle est l’œuvre même.
La création souffre d’absence politique. Elle l’est du fait qu’elle véhicule des ensembles relationnels polymorphes. De là on pourrait dégager d’elle ses actes comme politiques démocratiquement
déterminés puisqu’en elle n’y a pas de prétention univoque. N’étant pas que la simple définition de la personne, de ses gestes, de son humeur, elle nous raconte forcément une teneur de laquelle
nous pouvons commencer à construire le monde commun. Il nous suffit de passer par delà sa complexité matériologique de laquelle elle nous vient, soit imaginer une politique, plutôt que développer
son programme raisonné, sur la base de ce qu’elle raconte. Nous n’avons pas pris le temps pour ça, mais il existe encore des ressources imaginatives ignorées par la puissance publique. Nous avons
besoin de décrypteurs qui, hors de la création particulière, s’arrêtent pour contempler l’ensemble de la vie.
La pénibilité du secteur culturel tient en ceci qu’il n’y a rien qui permette de distinguer la part d’intérêt personnel de celle de l’intérêt commun. Cette confusion crée à l’intérieur de
celui qui l’éprouve une brèche dans laquelle s’infiltre tout ce qui concerne de près ou de loin l’objet de la création. Cela suppose une discipline de soi perpétuelle, qui ne laisse pas de
baisser l’attention si nous voulons y prendre part. C’est un processus à expansion continue, je l’éprouve volontiers quand je pense à ce que ça me permet de développer. Mais ce serait viable si
ne venait interférer dans la relation la présence d’un tiers qui lui aussi porte sa part de sollicitations en développement, à quoi s’ajoute encore l’évolution du cours de la vie.
Quand j’étais enfant, des cauchemars me revenaient souvent. Je me réveillais avec dans l’image une infinité de fils délicats flottants dans un océan de troncs à la dérive immenses. Je sentais
une menace profonde de ce qui habitait dans mon corps. Plus tard, j’ai retrouvé ces sensations dans mes méditations, j’ai compris que la loi des correspondances tenait lieu du miracle.
Art. 2. Il est interdit de vendre des boissons spiritueuses aux personnes qui se trouvent à bord de bateaux de pêche ou qui appartiennent à ces bateaux.Il est interdit à ces personnes d'en acheter.(...)
Article 1. Quiconque aura donné en spectacle une personne hypnotisée par lui-même ou par autrui, sera puni d'un empri- sonnement de quinze jours à six mois et d'une amende de vingt-six francs à mille francs.