Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 14:54

 

 

 

 

 

Le réalisme socialiste était un projet culturel mis en place dont l’objectif était d’utiliser « l’art comme arme ». Pour la littérature (incluant les auteurs de théâtre), elle fut proclamée en 1934 par Gorki (ou Boukharine, selon les sources), puis adoptée lors du premier congrès des écrivains soviétiques. Elle était la doctrine à laquelle un auteur devait obligatoirement adhérer. Georg Lukács en fut le principal théoricien. Elle s’axait autour de trois grandes règles essentielles. Ces trois règles étaient :

 

1/ Décrire le monde tel qu’il est, en montrant la dépendance de l’individu aux conditions sociales et la relation des groupes sociaux entre eux. Une « représentation de la réalité exacte dans sa vérité et concrète sur le plan historique qui fasse place à l’évolution révolutionnaire (sous l’angle des mutations que lui fait subir le monde communiste) ». Les auteurs références étaient Balzac ou les romanciers russes comme Tolstoï.

 

2/ Parler de la construction du socialisme : l’auteur, le metteur en scène doivent se faire l’écho de la réalité présente, c’est-à-dire la construction du socialisme. Ils peuvent montrer les difficultés, les obstacles, les contradictions, les réticences, les blocages auxquels se heurtent l’édification du socialisme, mais ils doivent toujours finir leur oeuvre en proposant une issue positive. En effet, les échecs ne peuvent être que transitoires : ils sont dus aux hommes eux-mêmes, mais ne peuvent être imputés au système lui-même. Car ce système est ce qui montre la voie juste pour surmonter les contradictions, pour les dépasser.

 

3/ Le réalisme socialiste s’oppose aux esthétiques formalistes. Car elles reflètent la volonté de l’artiste de se mettre en avant au détriment du projet politique sur lequel se base le réalisme-socialisme. À ce titre, les esthétiques formalistes peuvent être considérées comme bourgeoises et décadentes. Ex : la peinture abstraite, la musique abstraite, le théâtre expérimental privilégiant la forme au détriment du contenu.

 

 

Par ailleurs, à partir de 1959, il était proposé à tous les artistes de suivre « le chemin de Bitterfeld » : ils avaient obligation d’aller dans les usines pour travailler avec les ouvriers, tandis que les ouvriers devaient se mettre à la littérature, encadrés par des écrivains.

Par lerepondeur - Publié dans : Numéro 6 du répondeur
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